29 juillet 2015

MAYOWA JOEL, du Centre « Communication pour le Développement » au Nigeria, écrit à propos de la troisième Conférence Internationale sur le Financement du Développement qui s'est tenue du 13 au 16 juillet 2015 à Addis-Abeba, Éthiopie. Des partenariats efficaces sont essentiels pour le financement du développement durable, mais à quel point ces partenariats sont-ils justement efficaces ?

Partenariat efficace: une condition vitale

La troisième Conférence Internationale sur le Financement du Développement est passée, laissant une sensation douce-amère. Quelle que soit la manière dont chaque acteur perçoit la conférence et ses conséquences, nous avons tous convenu qu'elle était de la plus haute importance pour un programme de développement durable nouveau et transformateur.

La Conférence a rassemblé des représentants politiques de haut niveau, y compris des chefs d'États et de gouvernements, des ministres des finances, des affaires étrangères et de la coopération au développement ainsi que d'autres acteurs institutionnels pertinents, des organisations de la société civile et des entités du secteur privé. La Conférence a abouti à un document intergouvernemental négocié et consensuel, constituant une contribution importante et un soutien non négligeable pour la mise en œuvre du programme de développement après 2015.

L'accord, ayant pour nom le Plan d'Action d'Addis-Abeba, a été conclu par les 193 états membres de l'ONU présents et constitue une base pour la mise en œuvre du programme de développement durable global que les leaders mondiaux devraient adopter en septembre prochain. L'accord, signé après des mois de négociations entre les pays, constitue une étape essentielle dans la création d'un partenariat global amélioré visant à encourager la prospérité économique universelle et inclusive et à améliorer le bien-être de la population tout en protégeant l'environnement. Le Plan d'Action s'appuie sur les résultats des deux Conférences sur le Financement du Développement précédentes qui se sont tenues à Monterrey, au Mexique et à Doha, au Qatar.

La mobilisation des ressources domestiques est un point central du plan. Dans le document final, les pays ont convenu d'un programme de mesures visant à élargir la base de revenus, à améliorer la collecte d'impôts et à combattre l'évasion fiscale ainsi que les flux financiers illicites. Les pays ont également réaffirmé leur engagement en faveur de l'aide publique au développement, en particulier pour les pays les moins développés, et ont promis d'approfondir la coopération sud-sud. Les pays ont également souligné l'importance de stratégies de développement durable contrôlées par les pays concernés et soutenues par des cadres financiers nationaux intégrés.

L'une des conditions essentielles d'un programme de développement correctement financé est un partenariat efficace. Au niveau national et mondial, on recherche de plus en plus à améliorer les coordinations et partenariats au sein de et entre tous les secteurs et partenaires impliqués dans les programmes de développement. Cela vise entre autres à mobiliser les avantages comparatifs de chaque partenaire afin de travailler à un développement durable et efficace.

Le Secrétaire Général de l'ONU Ban Ki-moon a déclaré « Cet accord (Addis-Abeba) constitue une étape essentielle pour la construction d'un avenir durable pour tous. Il fournit un cadre global pour le financement du développement durable. »  Il a ajouté que « Les résultats obtenus ici à Addis-Abeba créent le fondement d'un partenariat global renouvelé pour le développement durable qui ne laissera personne en arrière ».

Les partenariats efficaces entre gouvernements, secteurs (intra et inter), société civile et autres acteurs sont une condition préalable et un élément vital pour le financement du développement durable. Sans cela, tout effort en faveur du financement du développement pourrait échouer. La question est donc de savoir à quel point les partenariats requis comme moteurs pour le financement du développement durable sont efficaces et comment ils peuvent être revitalisés ?

Des partenariats efficaces garantiront l'harmonisation des différents intérêts, améliorer la coordination, la planification et l'engagement des différents acteurs. Ils aideront à mobiliser les ressources et les avantages comparatifs de chaque partenaire, à améliorer le suivi et la responsabilité des programmes et à soutenir la réalisation des objectifs. Nous pouvons tirer de nombreux enseignements des rares partenariats globaux existants tels que le Partenariat International de la Santé et Initiatives Associées (IHP+). Les enseignements tirés du succès et des défis de ces partenariats seront utiles afin de construire un partenariat efficace à tous les niveaux. Voici quelques exemples de leçons tirées d'IHP+ : 

Une meilleure coordination des ressources peut améliorer la rentabilité de l'argent et apporter de meilleurs résultats.

Il est possible d'accomplir davantage ensemble que séparément et il peut s'avérer judicieux d'être plus inclusif.

Le moyen le plus pragmatique de gérer la fragmentation est de faire en sorte que les partenaires se rangent derrière un plan national de développement sanitaire solide mené par le pays. 

Au sein des organisations partenaires de développement, les membres du personnel ont besoin de motivations et des pouvoirs nécessaires pour travailler au niveau du pays de façon collaborative et coordonnée.

Les partenaires doivent se concentrer sur la contribution et non pas sur l'attribution.

En améliorant le partenariat à tous les niveaux, je pense que le processus et les résultats de la Conférence sur le Financement du Développement devraient être bien meilleurs que ceux des conférences précédentes.

 

MAYOWA JOEL – mayowa@africadevelopment.org 


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