26 mai 2015

Discussion sur les progrès accomplis pour relever l’efficacité de la coopération au développement dans le secteur de la santé, les défis et les opportunités, et lancement officiel du rapport sur le suivi 2014 de l’IHP+ : Genève, le 20 mai 2015.

Événement de l’IHP+ à l’Assemblée mondiale de la Santé

« Si nous nous alignons sur les stratégies de santé des pays, nous obtiendrons de meilleurs résultats », a déclaré Finn Schleimann, de l’Équipe de base de l’IHP+, lors de l’ouverture de la réunion organisée à l’heure du déjeuner, lors de l’Assemblée mondiale de la Santé. Cinquante participants, dont des signataires de l’IHP+ représentant des gouvernements de pays en développement, des organisations de la société civile (OSC) et des partenaires du développement se sont rencontrés pour passer en revue les progrès et les enjeux d’une coopération au développement efficace dans le domaine de la santé. Les discussions ont aussi porté sur la place de l’IHP+ dans le cadre de développement de l’après-2015. 

Lancement du rapport de suivi

Le lancement officiel du rapport de suivi d’IHP+Results constituait l’événement, et les conclusions du rapport ont formé la base de la discussion. Le cycle de suivi a montré que les pays en développement n’avaient dans l’ensemble pas reculé en matière d’efficacité de la coopération au développement, ce qui n’est malheureusement pas le cas des partenaires du développement. Certains d’entre eux ont en effet régressé du point de vue de l’inscription de l’aide dans le budget des pays en développement (comptabilisation du financement dans le budget) et la proportion de l’aide acheminée par le biais des systèmes nationaux a diminué par rapport aux années précédentes.

Le docteur Imad Kayona, Directeur General, Departement de la Planification et de la Sante Internationale, Ministère Fédéral de la Santé du Soudan, a souligné que ce processus de suivi était important pour son pays. « Le cycle de suivi est un outil précieux pour surveiller la performance des signataires de l’IHP+, et c’est aussi un bon instrument de plaidoyer. Le processus axé sur les pays est une évolution dont il faut se féliciter. Au Soudan, il a favorisé le dialogue national entre le Gouvernement, les OSC et les partenaires du développement, ce qui a abouti à une augmentation du nombre de partenaires du développement ayant participé à l’opération. Nous devons institutionnaliser ce processus de suivi dans nos cadres nationaux de suivi-évaluation. Certains des indicateurs du suivi font désormais partie de notre cadre de suivi-évaluation », a-t-il noté. 

Le cycle de suivi a révélé que si les gouvernements jugent que les organisations de la société civile participent davantage aux processus de définition des politiques de santé et de planification, les OSC estiment souvent que cette participation est plus symbolique que réelle. On attend fréquemment des OSC qu’elles assurent un rôle de « surveillance » de l’efficacité de la coopération au développement et qu’elles demandent des comptes aux gouvernements. Lors de son intervention, Bruno Rivalan, Directeur des politiques et du plaidoyer à Global Health Advocates et représentant suppléant des OSC du Nord auprès de l’IHP+, a avancé qu’il fallait concevoir les OSC au-delà d’une telle fonction de surveillance. « Il est de plus en plus admis qu’associer les OSC à la politique de santé est non seulement la chose à faire, mais que cela se traduit par des politiques plus efficaces qui ont davantage de retentissement », a remarqué Bruno. 

Le docteur Marijke Wijnroks, Chef de cabinet au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et membre du groupe de discussion, a répondu à une question sur le cycle de suivi et les progrès accomplis autour des indicateurs financiers. Elle a indiqué que le cycle de suivi avait mesuré le comportement du Fonds mondial avant la mise en place de son nouveau modèle de financement. « La nouvelle stratégie du Fonds mondial lancée en mars 2014 soutient de manière différente les pays, et la prévisibilité du financement devrait en être améliorée et avoisiner 100%. Les pays obtiennent désormais des informations préalables sur le financement qui sera disponible. Ils peuvent soumettre des notes conceptuelles dans un cycle qui est aligné sur leurs propres cycles financiers et de planification. Autre nouveauté, la note conceptuelle devrait être fondée sur le plan stratégique national et notre groupe d’examen technique vérifie que tel est bien le cas. » 

Progrès de l’efficacité de la coopération au développement et place de l’IHP+ dans l’après-2015 

Au cours de son intervention, le docteur Lamine Yansane, conseiller en politique de santé au Ministère de la Santé de la Guinée, a fait valoir que la coordination et l’harmonisation sont importantes dans les situations de crise, telles qu’Ebola. « La première chose que nous avons faite a été de dresser un plan national de lutte contre la maladie à virus Ebola ; il fallait que chaque partenaire utilise son avantage comparé. Nous avons mis en place un solide système d’information et de suivi-évaluation, et un rapport unique pour tous les partenaires. Nous avons compris que si nous travaillons ensemble, nous obtenons tous de meilleurs résultats. Cette coordination nous permet de rationaliser nos efforts. La coordination est une expérience permanente, constante ; il faut s’y essayer tous les jours », a affirmé le docteur Yansane.  

Le docteur Lo Veasnakiry, Directeur du Département de planification et d’information sanitaire au Ministère de la Santé du Cambodge, a expliqué comment le Cambodge est parvenu à des améliorations aussi nettes dans l’efficacité de la coopération au développement. « S’agissant des politiques et de la planification du Ministère de la Santé, nous avons un processus conjoint d’examen annuel, un budget annuel commun et des plans d’action collectifs. Cela encourage les partenaires du développement à soutenir les priorités du Ministère de la Santé. Le défi que nous devons maintenant relever est d’inciter les partenaires du développement à utiliser un cadre unique de suivi-évaluation. Nous renouvellerons et développerons notre cadre de suivi-évaluation de façon à ce que les partenaires acceptent de l’utiliser », a expliqué le docteur Veasnakiry. 

Le Japon est un nouvel adhérent à l’IHP+ et le docteur Takao Toda, Directeur général du développement humain à l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), a parlé à la table ronde du travail étroit avec les partenaires qui est une longue tradition du Japon. « La JICA et le Japon sont peut-être de nouveaux venus à l’IHP+, mais, ainsi que beaucoup d’entre vous le savent, nous sommes de vieux amis et travaillons depuis longtemps avec vous tous. » Il a aussi souligné la nature dynamique du partenariat de l’IHP+ et a souhaité que la coopération Sud-Sud et triangulaire aille plus loin et devienne « multi-angulaire », qu’elle intègre toute l’expérience mondiale et encourage la mise en commun des leçons entre toutes les nations. 

Brenda Killen, Directrice adjointe de la Direction de la coopération pour le développement de l'OCDE, a abordé le cadre de développement au-delà de 2015, en notant que « l’IHP+ est le type de structure qui convient à l’après-2015. Il dispose en effet d’un vaste éventail de partenaires et les encourage à faire entendre leur voix en toute égalité autour de la table. Il a également accès à des données pour montrer ce qui fonctionne et de quelle manière. » 


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