25 juillet 2016

Atteindre la CSU à l’horizon 2030 

Événement parallèle de l’IHP+ au Forum politique de haut niveau 2016

Événement au Forum politique de haut niveau de l’ONU sur la couverture sanitaire universelle à l’horizon 2030 : travailler ensemble pour ne laisser personne de côté.

En juillet 2016 à New York, l’IHP+, en collaboration avec les Gouvernements français, japonais, sierra-léonien et thaïlandais, a organisé un événement parallèle au Forum politique de haut niveau 2016. 

Cet événement a souligné l’importance de la couverture sanitaire universelle (CSU) pour donner une approche intégrée des cibles des objectifs de développement durable (ODD) relatifs à la santé et s’attacher à ne laisser personne de côté. Il a aussi été l’occasion de faire connaître la transformation de l’IHP+ en Partenariat international de santé pour la CSU 2030, dans le but de donner un nouveau souffle au partenariat pluripartite autour de la santé et de l’adapter à l’ère des ODD. Le Partenariat international de santé pour la CSU 2030 sera une plateforme destinée à resserrer la coordination des activités de renforcement des systèmes de santé et à promouvoir la redevabilité en matière de CSU.

S. E. M. Masakazu Hamachi, Vice-Ministre parlementaire des Affaires étrangères du Japon, a présenté l’engagement de son pays en faveur des progrès de la santé dans le monde, par son leadership à la présidence du G7. La Vision du G7 pour la santé mondiale a souligné la nécessité d’un cadre international renforcé pour coordonner les efforts en vue d’atteindre la CSU et a exprimé son soutien à la création de la CSU 2030 sur la base des principes de l’IHP+. M. Hamachi a déclaré : « La CSU est une cible ambitieuse. Que pouvons-nous faire pour la réaliser ? La réponse réside dans un large éventail de parties prenantes qui regardent dans la même direction, conjuguent leurs compétences spécialisées et collaborent encore plus étroitement, dans la ferme volonté d’agir. » 

S. E. Mme Mary Robinson, membre de l’organisation The Elders et ancienne présidente de l’Irlande, a prononcé le discours liminaire, au cours duquel elle a expliqué pourquoi la CSU est la meilleure façon de réaliser l’ensemble des ODD relatifs à la santé. Elle a noté que « la CSU repose sur les principes de l’équité et des droits. Tout le monde doit être couvert. La charge des soins de santé est particulièrement ressentie par les femmes, les enfants et les adolescents, qui ont de forts besoins de soins de santé, mais disposent souvent d’un accès plus restreint aux ressources financières ». Elle a remarqué qu’il fallait compter sur une impulsion politique solide pour lever le financement national et mettre en œuvre des réformes réussies dans l’optique de la CSU, et elle a activement soutenu le Partenariat international de santé pour la CSU 2030. « Ce devrait être un  instrument pour mobiliser un appui populaire et politique, et pour obliger les gouvernements et d’autres acteurs à rendre compte de leurs responsabilités », a ajouté Mme Robinson. 

Le docteur Olusoji Adeyi, Directeur de la santé, la nutrition et la population à la Banque mondiale, a présenté des informations sur le processus de transformation de l’IHP+ en Partenariat international de santé pour la CSU 2030. Vous pouvez prendre connaissance de son exposé ici. 

M. Simon Wright, Chef de la survie de l’enfant à Save the Children Royaume-Uni, a évoqué la nécessité d’approches progressives vers la CSU, qui donneraient dans un premier temps la priorité à la santé maternelle et infantile au niveau des soins de santé primaires. Il a affirmé : « Nous nous félicitons de la CSU 2030 car il nous faut un partenariat puissant et à forte visibilité pour aider les pays à atteindre une couverture sanitaire universelle. Nous devons surmonter la fragmentation causée par l’aide au développement ; la CSU relève de la responsabilité des gouvernements, avec une société civile forte demandant des comptes aux pouvoirs publics. La CSU 2030 doit aussi mettre en commun de meilleures pratiques et des enseignements tout en créant un mouvement. »

S. E. M. Tolbert Nyenswah, Ministre adjoint de la Santé du Libéria, a décrit les effets dévastateurs de l’épidémie à virus Ebola, qui ont exposé les faiblesses du système de santé, et les occasions qui s’offrent actuellement de le reconstruire. Pourtant, au Libéria, l’aide au développement est encore fragmentée, un phénomène qui a été encore exacerbé par l’afflux de partenaires depuis la crise d’Ebola. Il a noté que, pour son pays, une fonction importante du Partenariat international de santé pour la CSU 2030 sera de soutenir la coordination, l’harmonisation et l’alignement des acteurs internes et externes, et de renforcer l’obligation de rendre compte des résultats obtenus. « Nous préparons un pacte national qui s’inspire de l’approche de l’IHP+, afin de négocier et d’approuver les paramètres d’association avec les partenaires du développement et les responsabilités mutuelles », a annoncé M. Nyenswah.

M. Natapanu Nopakun, du Ministère des Affaires étrangères de la Thaïlande, a livré ses réflexions en tant que non-signataire de l’IHP+ et pays à revenu intermédiaire sur les fonctions et les contributions potentielles des pays à revenu intermédiaire pour faire avancer le programme de la CSU. La Thaïlande est déjà parvenue à une couverture sanitaire universelle depuis 2002. Elle est donc à l’avant-garde mondiale et encourage l’expansion des politiques relatives à la CSU dans les pays voisins. « Les pays à revenu intermédiaire en Asie sont au centre de la réalisation progressive de la CSU. Il y a de vastes capacités opérationnelles, des connaissances tacites et des leçons (positives aussi bien que négatives) qui peuvent être exploitées et partagées dans les pays d’Asie et du Pacifique et dans d’autres régions pour éviter de répéter certaines erreurs. »

L’événement a donné l’occasion de préconiser l’adoption des bons indicateurs pour mesurer les progrès. Mary Robinson a remarqué que ces indicateurs devraient en inclure un « qui soit centré sur le nombre de personnes souffrant de difficultés financières ». Simon Wright de Save the Children, Royaume-Uni, a fait écho à cet appel : « Le problème des difficultés financières est dû à l’impact des niveaux élevés de dépenses individuelles. Nous sommes très préoccupés par l’indicateur 3.8.2 actuellement proposé pour l’ODD relatif à la santé car il ne reflète pas cela. Il convient de le changer, puisque la formulation présente est à la fois dangereuse et dénuée de sens », a-t-il affirmé.

Fabienne Bartoli, du Ministère français des Affaires étrangères, a partagé certaines remarques finales, et le docteur Natela Menabde, Directeur exécutif à l’OMS, modérateur de ce panel, a clos la réunion en se félicitant de l’énergie et de l’enthousiasme que suscite ce nouveau programme mondial. Elle a noté la nécessité d’une coopération au développement plus efficace ainsi que d’un mouvement élargi et plus universel en faveur de la CSU. Elle a également rappelé à tous de participer à la consultation en ligne sur les priorités requises pour mettre en œuvre les objectifs du Partenariat international de santé pour la CSU 2030.  

 

Regardez le film vidéo de l’organisation The Elders, qui pense que la CSU est un rêve « accessible ».


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