7 janvier 2015

Deux cents représentants de 34 gouvernements nationaux, 20 partenaires internationaux du développement et beaucoup d’organisations de la société civile se sont rencontrés à Siem Reap, du 2 au 5 décembre 2014.

Pendant la cinquième réunion de IHP+, ils ont analysé les progrès accomplis ces deux dernières années pour améliorer l’efficacité de la coopération au développement dans le secteur de la santé. Ils ont aussi examiné l’évolution probable après 2015 et discuté des mesures prioritaires. La réunion s’est déroulée pendant la période d’urgence sanitaire mondiale causée par la flambée de la maladie à virus Ebola.

Les résultats du cycle 2014 de suivi de la performance de l’IHP+ montrent que, dans l’ensemble, les pays continuent de progresser dans leurs engagements en faveur d’une coopération efficace, même s’ils le font de façon graduelle. En moyenne, les pays qui obtiennent les meilleurs résultats sont ceux qui sont depuis le plus longtemps signataires de l’IHP+. Pour les partenaires du développement, la conclusion la plus remarquable est que l’utilisation des systèmes nationaux de gestion financière a diminué ces deux dernières années.

Pendant les deux ans qui se sont écoulés depuis la réunion des partenaires de l’IHP+ à Nairobi, les principaux domaines d’action sont devenus connus sous le nom de « sept comportements ». Les participants se sont accordés à penser que les sept comportements restaient pertinents dans un vaste éventail de situations, notamment les urgences de santé publique. Des approches précises doivent être adaptées à l’environnement local, par exemple dans les États fragiles.

Les participants à la réunion ont adressé un message fort affirmant que l’action politique était essentielle pour faire avancer ce programme. Ces deux dernières années, le Directeur général de l’OMS et le Président de la Banque mondiale ont contribué à faire en sorte que toutes les principales institutions du développement acceptent une liste de référence de 100 indicateurs de base (contre 600 auparavant), afin de rationaliser leurs exigences en matière de présentation de rapports. C’est une mesure importante et extrêmement appréciée vers un allégement de la charge qui pèse sur les pays en matière de rapports internationaux. D’autres domaines pourraient profiter d’un soutien similaire.

Améliorer la performance exige une action de tous les partenaires : des gouvernements, des partenaires du développement au siège et au niveau des pays, du secteur privé et des nouveaux acteurs du développement comme les pays BRICS. Il demeure nécessaire de mieux comprendre les causes sous-jacentes des mauvais résultats, et de trouver des mesures propres à encourager le changement au sein de différentes organisations. Les participants ont appelé de leurs vœux un dialogue franc et transparent pour s’attaquer aux problèmes persistants.

Des mesures prioritaires ont été identifiées dans quatre domaines où il est à la fois nécessaire et possible de progresser davantage:

1. Consolider et utiliser les plateformes nationales d’information et de redevabilité. 

Pour prendre des décisions judicieuses, il faut disposer de bonnes informations sur la performance et les résultats du secteur de la santé. Les systèmes nationaux d’information connaissent des 2 améliorations, mais les progrès restent lents. En 2014, les responsables des institutions de développement ont accepté de s’attaquer aux activités non coordonnées pour consolider les systèmes nationaux de suivi et d’évaluation, en combinant le soutien autour d’une unique plateforme nationale d’information. Cela doit maintenant se produire dans des pays plus nombreux. Deux mesures ont été soulignées dans les discussions à Siem Reap. Les gouvernements, de concert avec leurs partenaires, doivent dresser de solides plans d’investissement en faveur des systèmes nationaux d’information. Et les partenaires du développement doivent relever les investissements conjoints dans ces plans nationaux. Un point apparenté est que les examens conjoints de la performance du secteur tireraient profit d’une participation plus concrète des OSC, du secteur privé et des nouveaux partenaires du développement.

2. Renforcer et utiliser les systèmes nationaux de financement et de gestion financière. 

Les possibilités d’action pour consolider et utiliser les systèmes de gestion financière sont plus nombreuses aujourd’hui que dans le passé : la gestion financière est davantage reconnue explicitement comme une question majeure, aussi bien par les gouvernements que par les institutions de développement, au même titre que les coûts de transaction et le gaspillage des ressources dû à de multiples modalités séparées de financement et d’évaluation de la gestion financière. Des outils sont disponibles et les progrès se sont révélés possibles, même dans les États fragiles. Trois mesures prioritaires ont été identifiées à Siem Reap. Premièrement, les participants ont souhaité que les évaluations conjointes de la gestion financière deviennent la pratique habituelle, et qu’elles soient suivies de la mise au point, par le gouvernement, en consultation avec les partenaires du développement, d’un plan de renforcement du système national de gestion financière en faveur duquel de multiples partenaires pourraient investir.

Deuxièmement, les organisations de la société civile et les organes officiels élus doivent jouer un rôle plus central dans la supervision de l’utilisation des fonds. Troisièmement, l’inclusion dans le budget doit devenir le mode par défaut de toutes les institutions de développement. Il faut pour cela que les gouvernements préparent ponctuellement des budgets transparents. De plus, les institutions doivent mieux faire comprendre à leurs collaborateurs sur le terrain que la transmission d’informations financières à temps pour le processus budgétaire annuel national doit devenir la pratique ordinaire afin que ces informations soient répercutées dans le budget.

3. Améliorer l’assistance technique, y compris la coopération Sud-Sud.

L’assistance technique doit être davantage guidée par les pays, stratégiquement planifiée et bien coordonnée, et de nouvelles façons de la concevoir sont requises. Les approches de la coopération technique évoluent et les économies émergentes prodiguent une assistance accrue. Trois mesures ont été identifiées. L’assistance technique doit être plus clairement fondée sur les priorités du secteur de la santé, et davantage axée sur la demande : les gouvernements nationaux doivent articuler leurs besoins en assistance technique plus distinctement et nouer un dialogue ouvert avec les partenaires du développement sur la base de ces besoins. Les partenaires du développement pourraient indiquer beaucoup plus précisément aux gouvernements les disponibilités en matière d’assistance technique et la manière d’y avoir accès, notamment par le biais d’un soutien à la coopération Sud-Sud et triangulaire. Troisièmement, il convient de définir conjointement un cadre de référence avec des dispositions claires de redevabilité, des objectifs explicites de renforcement des capacités et de meilleures manières de surveiller la pertinence et la qualité de 3 l’assistance technique proposée. De nouvelles méthodes d’évaluation des conséquences de l’assistance technique sur le renforcement et le soutien des capacités individuelles et institutionnelles doivent être envisagées et adoptées.

4. Accroître la redevabilité mutuelle. 

Le quatrième cycle de suivi de la performance de l’IHP+ vient de s’achever, avec une participation plus élevée que précédemment : 24 pays, 37 institutions du développement et ONG internationales. Quatre mesures ont été identifiées à Siem Reap. La réorientation observée en 2014 en faveur de procédures davantage axées sur le niveau national et sur des modalités nationales de redevabilité mutuelle est positive et devrait se poursuivre. Les cartes de notation d’IHP+Results peuvent constituer un point de départ utile pour une discussion approfondie sur les domaines dans lesquels on enregistre les progrès les plus lents, les raisons expliquant cette situation et les mesures susceptibles d’être prises : les gouvernements doivent garantir un dialogue local sur les conclusions de 2014 et étudier des mesures d’incitation pour changer les comportements dans les domaines de faibles progrès. À l’avenir, des indicateurs choisis sur l’efficacité de l’aide pourraient être inclus utilement dans les cadres nationaux de suivi et d’évaluation. Il serait également bon que les sièges des institutions du développement analysent les conclusions du cycle de suivi 2014 et envisagent les mesures pouvant être adoptées, et les encouragements requis. Les OSC ont un rôle majeur à jouer en se centrant sur la redevabilité des gouvernements et des partenaires du développement pour progresser sur les sept comportements. 

Les presentations et documents pour la cinquième réunion de IHP+ sont ici.


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