1 L'adhésion à l'IHP+ est associée à une meilleure performance des pays en matière d'efficacité de la coopération au développement
2 Les performances des gouvernements et des partenaires sont corrélées
3 Les pays partenaires continuent à respecter leurs engagements à établir des stratégies sectorielles de santé, à mesurer les résultats et à renforcer la redevabilité  
  Etablissement d'un cadre sectoriel de résultats En progrès
  Engagement de la société civile dans la politique et la planification sanitaire Stagnation
  Évaluation conjointe de la stratégie nationale, y compris les objectifs et les budgets En progrès
  Mise en œuvre de politiques et procédures permettant la redevabilité mutuelle Stagnation
4 Les partenaires au développement s'alignent de plus en plus et continuent de participer aux processus de redevabilité au niveau des pays  
  Appui à et utilisation des cadres nationaux de résultats et proportion des fonds suivis à travers les cadres nationaux de résultats En progrès
  Appui aux OSC pour leur participation dans les processus politiques de santé En progrès
  Participation à des évaluations mutuelles des progrès de la mise en œuvre des engagements Stagnation
5 Les pays partenaires améliorent leurs financements et dans une certaine mesure, la gestion financière dans le secteur de la santé  
  Part du budget allouée à la santé et niveau d'exécution du budget En progrès
  Prévisibilité du financement de la santé sur les 3 prochaines années par le biais d'un budget glissant ou d'un cadre des dépenses à moyen terme En progrès
  Qualité de la gestion des finances publiques selon l'indice CPIA Stagnation
6 La performance des partenaires au développement au regard du financement et de la gestion financière a décliné  
  Niveau d'exécution des budgets d'aide au secteur de la santé en 2013 En déclin
  Proportion de l'aide au gouvernement inscrite dans le budget national de la santé Stagnation
  Prévisibilité des financements communiqués au gouvernement pour 2015-2017 En déclin
  Proportion de l'aide utilisant les procédures de gestion financière nationales En déclin

L’efficacité du développement

Le quatrième cycle de suivi de la performance a renseigné une amélioration globale de la performance par les pays partenaires. Les deux indicateurs de redevabilité mutuelle et de financement se sont améliorés dans la plupart des pays, bien que de nombreux pays continuent d’avoir des systèmes de gestion financière faibles. Les scores globaux de performance sont positivement corrélés avec le nombre d’années d’adhésion à l’IHP+, ainsi qu’avec le niveau de financement externe du secteur de la santé, qui donne une indication de l’intensité du réseau de partenariat dans le pays. 

Presque tous les partenaires au développement ont amélioré leur performance au regard des indicateurs de redevabilité mutuelle, et certains au regard des indicateurs de l’alignement de l’aide financière sur les systèmes nationaux. Mais dans l’ensemble, les indicateurs d’une coopération financière efficace de la part des partenaires au développement ont diminué. La performance des partenaires au développement est corrélée avec la performance des pays partenaires. Ceci souligne le fait que la performance d’un partenariat dépend des comportements et de la qualité de l’interaction entre tous les partenaires.

L’approche basée sur les pays

Les consultations dans les deux pays cibles ont fortement soutenu l’approche basée sur les pays. Elle a insufflé un nouveau dynamisme dans le dialogue national sur la coopération au développement en matière de santé, et a aidé à identifier les domaines qui nécessitent plus d’attention, par exemple l’engagement de la société civile dans le dialogue sur les politiques de santé et le partage de l’information financière entre les ministères de la santé et leurs partenaires au développement. Cela a également élargi la participation à des non signataires de l’IHP+ et à des organisations non gouvernementales internationales.

L’expérience du cycle de suivi suggère également que cette approche nécessite un niveau différencié d’appui en fonction du degré des capacités et du leadership du ministère de la santé. Alors que dans certains pays, cette approche peut être mise en œuvre par le ministère de la santé sans une aide extérieure importante, d’autres pays exigent une assistance technique. Comme l’expérience de la RDC l’indique, cette aide est plus efficace quand elle est fournie dans le pays par un consultant ou une organisation nationale.

L’approche basée sur les pays du suivi de la performance a également souligné la nécessité d’améliorer le suivi de routine de la coopération au secteur de la santé. L’intention de IHP+R de prioriser la récolte de données provenant de bases de données existantes a été réalisée seulement dans de rares cas. La plupart du temps, des données fiables n’étaient pas disponibles et ont dû être assemblées par les ministères et les partenaires au développement au travers de processus onéreux de collecte et de validation des données. Dans les deux pays cibles, les intervenants ont fortement recommandé que les données du suivi de la performance du développement soient intégrées dans les systèmes nationaux d’information de routine.

L’engagement de la société civile

La participation de la société civile dans le partenariat national pour la santé continue d’être un problème qui provoque d’importantes discussions. Les consultations menées dans les deux pays cibles ont souligné qu’il y a des perceptions différentes entre les gouvernements, les partenaires au développement et les organisations de la société civile à propos de l’engagement efficace de la société civile. La question de savoir qui doit représenter la société civile dans le dialogue national sur la santé est loin d’être résolue et entrave la participation efficace des organisations de la société civile. La participation limitée dans le dialogue sur la politique de santé et l’efficacité du développement au niveau des pays peut expliquer que la connaissance et l’intérêt pour l’IHP+ parmi les ONG axées sur la santé au niveau des pays est au mieux limitée. Cela a également été confirmé par le taux de réponse très faible à l’enquête lancée par IHP+R via un grand nombre de réseaux internationaux de la société civile. L’IHP+ a pris un certain nombre de mesures pour promouvoir la participation des OSC dans les processus de politique et de planification, y compris, entre autres, en incluant des OSC dans les structures de gouvernance de l’IHP+ et en octroyant des subventions au niveau des pays pour appuyer les capacités des OSC (à travers le Fonds d’action pour une politique de santé). Cependant, il reste des questions en suspens quant à la participation significative des OSC, et une approche stratégique et adéquatement financée est nécessaire.

La redevabilité mutuelle

La redevabilité des partenaires IHP+ quant à l’efficacité de la coopération dans le secteur de la santé dépend de son caractère mutuel. La mise en œuvre doit surmonter deux difficultés principales : d’abord, la relation entre les partenaires internationaux de la coopération au développement est très asymétrique ; et, deuxièmement, il n’existe aucun mécanisme institutionnel pour rendre opérante la redevabilité entre les partenaires. Les relations asymétriques reflètent de grandes différences structurelles de pouvoir entre les parties prenantes dans le développement du secteur de la santé, qui risquent de compromettre la mise en œuvre des processus de redevabilité mutuelle. Ceux qui fournissent l’aide au développement ont de puissants instruments financiers pour faire rendre des comptes aux bénéficiaires. En revanche, les instruments des gouvernements bénéficiaires pour faire rendre des comptes à leurs partenaires sont limités. Les gouvernements peuvent également imposer des sanctions juridiques et financières aux acteurs de la société civile, alors que la capacité de la société civile pour obliger les gouvernements à rendre des comptes est très variable. Bien que les processus et les outils adoptés par l’IHP+ ont peut-être atténué certains des effets de l’asymétrie entre les partenaires, il n’a pas les surmontés.