Dans le nombre limité de partenariats (entre les pays et les partenaires au développement) pour lesquels les données des cycles de suivi précédents étaient disponibles, il y a eu un niveau élevé de participation aux processus de redevabilité, comme noté en 2010/11 (en augmentation comparativement au cycle de suivi 2007). Cependant, la participation a été moindre chez les partenaires au développement qui ont rejoint le cycle de suivi pour la première fois. Ceci indique une tendance positive vers une participation plus grande et plus soutenue dans les processus de redevabilité, lorsque la durée du partenariat est plus longue.

Tirer des conclusions sur la performance globale des institutions des partenaires au développement en matière de redevabilité est problématique en raison du choix sélectif de chaque partenaire de participer à l’exercice de suivi dans un nombre limité de pays, et des critères d’atteinte des objectifs pour les trois indicateurs de redevabilité, qui ont été placés bas. Parmi les 16 partenaires au développement qui ont soumis des données dans au moins quatre pays, le score moyen était de 2,67/3. Deux partenaires ont obtenu une note de 3/3, tandis que six se plaçaient en-dessous de la moyenne (Figure 17).

Dans l’ensemble, la performance des partenaires au développement concernant le respect des engagements en matière de coopération financière a été au mieux statique, et moins convaincante que la performance vis-à-vis des engagements sur les processus de redevabilité. Sur un score total possible de quatre, seul le Canada est parvenu à s’approcher de l’objectif de 3,43. Le score moyen pour les 16 partenaires qui ont participé à l’enquête dans au moins quatre pays était de 2,1, et sept partenaires au développement étaient en-dessous de la moyenne. Parmi ceux-ci, on trouve l’USAID qui est l’un des membres les plus récents de l’IHP+, mais il y a également l’OMS, l’Allemagne, la France, l’Espagne et GAVI qui sont parmi les premiers signataires du Pacte mondial (Figure 26).

Performance globale

Comme lors des cycles précédents, la plupart des partenaires au développement n’ont pas soumis leurs données dans tous les pays où ils sont actifs. Pour certains, c’était parce qu'ils n’avaient pas de programme dans le secteur de la santé dans tous les pays. Les exceptions sont le Fonds mondial, GAVI et l’OMS qui ont participé au suivi dans presque tous les pays participants.

Les 16 partenaires au développement qui ont participé au suivi dans au moins quatre pays ont obtenu une note moyenne de 4,8 sur 7 (Figure 27). Ceci est inférieur au score moyen de 5,1 obtenu par les pays partenaires, bien que pour certains indicateurs les partenaires au développement ont fait face à beaucoup moins d’obstacles pour atteindre les objectifs que les pays (par exemple, pour l’engagement de la société civile et pour la participation aux processus de redevabilité mutuelle). Aucun des partenaires au développement n’a atteint l’objectif de 6,34. Le Canada s’en rapproche le plus, mais avec des données pour seulement quatre pays.

Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles les partenaires au développement peuvent ne pas atteindre les objectifs relatifs au respect de leurs engagements en matière de coopération au développement. Ils peuvent opérer avant tout dans les pays où il est plus difficile de respecter les engagements, ou encore où les conditions de la redevabilité mutuelle et de l’efficacité financière ne sont pas rencontrées. Ils peuvent avoir des organes de gouvernance qui ne donnent pas la priorité ou n’incitent pas à l’efficacité du développement. Aucune tendance ne se dégage selon la nature bilatérale ou multilatérale des partenaires : l’UNICEF a bien performé, le FNUAP moins ; le Canada et le Royaume-Uni ont surclassé l’Espagne et la France.

Toutefois, il est utile de garder à l’esprit une des conclusions de ce suivi de la performance. Au niveau des pays, les scores obtenus par les pays partenaires et les partenaires au développement sont corrélés (Figure 28). Le message est plausible : les partenaires au développement sont plus susceptibles de bien performer dans les pays avec un environnement politique favorable. De même, les pays qui travaillent avec des partenaires au développement efficaces sont davantage incités à améliorer leurs politiques et leurs systèmes. Comme dans tout partenariat, le résultat est en grande partie déterminé par l’interaction entre les deux partenaires.